Kidal et Tessalit tombent malgré un arsenal russe récent
Le 21 mars 2026, le cargo russe Sabetta débarque 87 véhicules militaires au terminal bauxite de Conakry, en Guinée, à destination des forces maliennes et de l’Africa Corps. Cinq semaines plus tard, malgré cet arsenal, Kidal puis Tessalit tombent aux mains d’une coalition rebelle et jihadiste, révélant les limites de l’appui militaire russe au Sahel.
Un arsenal débarqué à Conakry pour renforcer Bamako
Le cargo Sabetta, placé sous sanctions américaines, accoste le 21 mars 2026 au terminal bauxite de Conakry, exploité par des filiales du groupe russe Rusal. À bord : 15 blindés Tigr, 2 véhicules de combat d’infanterie BMP-3, 4 mortiers automoteurs 2S9 Nona-S et 66 camions logistiques. Cette cargaison, destinée aux forces maliennes et au contingent paramilitaire Africa Corps, devait renforcer la lutte contre les groupes armés dans le nord du Mali. Mais le résultat a été tout autre.
Kidal et Tessalit tombent malgré les blindés
Ce matériel n’empêche aucun revers majeur. Le 25 avril, une offensive conjointe du Front de libération de l’Azawad (FLA) et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda) s’empare de Kidal et tue le ministre malien de la Défense, Sadio Camara. Le 1er mai, Tessalit, camp stratégique proche de la frontière algérienne, est abandonnée sans combat par les forces maliennes et leurs alliés russes.
La bauxite guinéenne contre des armes
Le choix du port de Conakry n’a rien d’un hasard. Le terminal utilisé appartient à des filiales du groupe russe Rusal (la Compagnie des bauxites de Kindia (CBK) et Alumina Company of Guinea (ACG-Fria)) fondé par l’oligarque Oleg Deripaska, proche de Vladimir Poutine et sous sanctions occidentales. Or CBK assurerait à elle seule environ un quart de la production mondiale du groupe, ce qui rend la Guinée stratégique pour Moscou. Ce même terminal sert donc à la fois à exporter la bauxite guinéenne vers la Russie et à réceptionner du matériel militaire russe : Conakry aurait ainsi reçu en retour des hélicoptères Mi-35. Une infrastructure civile transformée en plaque tournante logistique pour les livraisons d’armes vers le Mali.
L’arsenal livré à Conakry aura-t-il permis à Bamako de reprendre l’initiative, ou confirme-t-il que la présence russe au Sahel vend des capacités sans garantir la sécurité ?
Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info





