« Tes leçons de courage ne tiennent plus » : Alban Mlan règle ses comptes avec Steve Beko
La passe d’armes se poursuit entre Alban Mlan et Steve Beko. Dans une longue déclaration, l’entrepreneur et activiste revient sur plusieurs dossiers qui ont marqué l’actualité sociopolitique ivoirienne, notamment les affaires Komé Bakary et Zigui Ibrahim, pour dénoncer ce qu’il considère comme une incohérence entre les discours et les actes de certains donneurs de leçons.
Se défendant d’être resté silencieux sur les grandes causes nationales, Alban Mlan affirme privilégier l’utilité à la posture et estime que « l’on ne devrait jamais exiger des autres un courage que l’on ne s’impose pas à soi-même »
Steve Beko , J’ai été fort surpris que tu te sois senti visé par une publication qui, pourtant, était volontairement assez énigmatique. Mais après tout, c’est de bonne guerre. On ne va tout de même pas se limiter à un rappel des principes de la gauche. .cette fuite en avant ne passera pas avec moi, tu sais qu’il ne s’agit ni de ton parti, ni de Zigui. Je vais parler plutôt à l’homme..
Pour te rafraîchir la mémoire, lors de l’affaire Komé Bakary, chacun menait le combat à sa manière. Certains faisaient de la satire, d’autres interpellaient directement les autorités. Moi, j’avais choisi de questionner la manière dont les choses étaient gérées et d’alimenter le débat (captures en commentaire). J’avais même appelé les députés de la Nation à se joindre à cette mobilisation.

C’est précisément à ce moment-là que tu m’as qualifié d’« équilibriste » et de « lâche », parce que je n’avais pas attaqué frontalement le ministère de la Construction. À partir de là, certains de tes « petits » ont commencé à me coller cette étiquette à chaque occasion.
Tu auras sans doute le réflexe de réduire cette histoire à une simple rancœur. (Oui, je sais… je suis Baoulé, mets-toi à l’aise.) Mais en réalité, cela va beaucoup plus loin. Parce qu’après cet épisode, j’ai simplement décidé de t’observer. Toi qui donnais des leçons de courage aux autres.
Puis est arrivée l’affaire Zigui. Nous avons tous été bouleversés. J’ai demandé publiquement plus de clarté aux autorités. ( Publication en commentaire)
En revanche, pendant tous les mois où ce jeune, pourtant proche de toi, est resté en détention, je n’ai vu aucune publication aussi virulente que celles que tu exigeais des autres. Aucune campagne d’une intensité comparable pour réclamer sa libération auprès des autorités. Tu te contentais de porter des t-shirt à son effigie , je me demande bien en quoi cela pourrait régler la situation si ce n’était que d’apporter un édulcorant à la situation…Ah oui tu diras sûrement que tu faisais du lobbying en off… ( Humm )… Même pendant les élections… C’était silence radio ou des posts sarcastiques bien soignés pour éviter tout malentendu ou problème.
Pourtant, c’est bien de moi que tu attendais que je m’en prenne frontalement à un ministre pour prouver mon courage.
Plus tard, dans une interview, tu as expliqué que tu avais des enfants encore jeunes et une famille à protéger et à éduquer et donc que tu aurais un devoir de responsabilité. Et tu sais quoi ? Je comprends parfaitement cette logique.
Parce que moi aussi, je suis père de famille. Moi aussi, j’ai des enfants à voir grandir. Moi aussi, je mesure parfois les conséquences de certaines prises de position.
C’est précisément pour cela que je t’ai interpellé.
Parce qu’il est toujours plus facile de demander aux autres de prendre des risques que l’on ne prend pas soi-même.
Et puisque certains aiment répéter que je ne mène aucun combat en Côte d’Ivoire, qu’ils aient au moins l’honnêteté de dire la vérité : je ne mène simplement pas leurs combats.
Je me suis attaqué aux intérêts de grandes entreprises. Les sociétés de paris sportif, etc… Sont de puissantes société qui peuvent se montrer dangereuses, je suis le seul pratiquement à me les mettre à dos pour notre jeunesse.
Je suis allé sur NCI débattre des décisions du procureur de la République.
J’ai publiquement critiqué les méthodes du District autonome d’Abidjan concernant l’interdiction des motos sur une chaîne de télé à une heure de grande écoute devant toute la nation.
J’ai pris la parole dans l’affaire Zigui.
J’ai pris la parole dans l’affaire JCK.
J’ai pris la parole lors des déguerpissements de Port-Bouët et de Koumassi. J’en cite et j’en oublie… Seul ceux qui sont de mauvaise foi vont le nier.
Honnêtement, je ne vois aucun grand sujet de société sur lequel je sois volontairement resté silencieux.
Or, Je ne suis pas un homme politique. Je ne vis pas de la politique. Je n’ai pas de protecteur qui finance mon quotidien…
Je suis entrepreneur. Je vis de mon travail. Et oui, certaines prises de position peuvent coûter et me coûtent des marchés ou fermer des portes. Malgré cela, je continue de m’exprimer lorsque je juge que c’est utile pour la cause commune. Vous quand on vous entend , c’est qu’il y’a un fait qui concerne ton organisation. Après c’est de bonne guère, mais tout ce qui concerne les partis politiques ne concerne pas tous les ivoiriens, mais tout ce qui concerne tous les ivoiriens concerne tous les politiques. Et c’est sur ça que je me positionne.
Parce qu’à mes yeux, être utile à une communauté , c’est défendre des causes communes.
Pour certains, le courage consiste à parler plus fort et plus brutalement que tout le monde.
Pour moi, le courage consiste surtout à être utile.
Il ne se passe presque pas une journée sans que je reçoive un message d’un jeune qui me remercie de l’avoir aidé à trouver un emploi, un stage ou une opportunité. Je défends tous les jeunes de Côte d’ivoire quand il y’a une injustice. Aujourd’hui il ne se passe pas une journée sans qu’on ne me tague quelque part.. sous un fait d’injustice ou de situation sociale. Oui dans la conscience de beaucoup je suis un ” courageux ” qui est là pour eux.
C’est cela qui me rend fier.
Je suis même convaincu d’avoir aidé davantage de jeunes dans leur insertion presionntion elle ou dans d’autres aspects que beaucoup de ceux comme toi qui qui s’attribuent aujourd’hui des certificats de courage.
La différence, c’est que mes « petits », je ne les envoie pas insulter des gens dans les commentaires ou à travers des posts pour me défendre. Je leur partage des offres d’emploi, dans des groupes, Je les mets en relation avec des recruteurs. Je les aide à construire leur avenir. Que se se créer des problèmes inutilement en invectivant les gens.
Voilà pourquoi ils sont occupés à avancer, plutôt qu’à servir de fantassins sur les réseaux sociaux..
Je préfère agir que jouer un rôle.
Je continuerai à parler lorsque ma conscience me dira de parler, et je continuerai à me taire lorsque je jugerai qu’un silence est plus responsable qu’une agitation inutile.
Je n’ai aucune vocation à devenir le porte-voix d’organisations politiques qui disposent déjà de tous les moyens nécessaires et des profils assez valeureux pour assurer leur propre défense.
Mon petit tacle n’avait qu’un seul objectif , celui de rappeler qu’on ne devrait jamais exiger des autres un courage que l’on ne s’impose pas à soi-même.
Et je terminerai par un message aux plus jeunes.
Ne vous laissez jamais entraîner par ceux qui vous poussent à devenir des guerriers pendant qu’eux-mêmes prennent soin de rester à l’abri.
Observez sa cohérence. Avant de suivre un leader, regardez s’il applique à lui-même les principes qu’il exige des autres, de vous.
Alban Mlan





