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Sommet Russie-Afrique à Moscou : un pari risqué sous les drones

Dans cinq semaines, des chefs d’État africains sont attendus dans une capitale qui vient de subir l’une des plus importantes attaques de drones jamais enregistrées contre elle. À Moscou, le risque sécuritaire n’est plus théorique.

Une capitale sous les drones

Dans la nuit du 19 au 20 septembre, Moscou et sa région ont été visées par une attaque massive de drones. Selon les autorités russes, environ 450 appareils se dirigeaient vers la capitale. Trois personnes ont été tuées dans la région et plusieurs autres blessées. Un immeuble résidentiel a été touché, 400 personnes ont dû être évacuées et la raffinerie de Moscou a de nouveau été endommagée. Le maire Sergueï Sobianine a qualifié l’attaque de « sans précédent ».

Les quatre principaux aéroports de la capitale ont également connu des restrictions. Plus de 400 vols ont été retardés ou annulés. Ces perturbations se répètent depuis plusieurs mois à chaque épisode important de frappes de drones.

La raffinerie de Moscou a elle aussi été touchée à plusieurs reprises en 2026. Après les attaques de juin, Reuters estimait que son retour complet à la production pourrait prendre plusieurs mois.

Un sommet dans une capitale directement exposée

C’est dans cette ville que la Russie doit accueillir, les 28 et 29 octobre, le troisième sommet Russie-Afrique. Selon le ministère russe des Affaires étrangères, plus de trente pays africains avaient confirmé leur participation à la mi-juillet.

Pour les délégations, le risque est concret. Une attaque peut provoquer des dégâts sur des bâtiments, des incendies ou des évacuations, même lorsque la majorité des drones sont interceptés.

Le trafic aérien constitue un autre point de vulnérabilité. Les restrictions imposées aux aéroports moscovites peuvent compliquer l’arrivée ou le départ des délégations, avec des conséquences qui dépassent largement les simples retards de vols.

Et pendant le sommet, des dizaines de délégations africaines seront réunies dans la même ville. Une attaque survenant à ce moment-là aurait une portée particulière, compte tenu du nombre de chefs d’État, de ministres, de diplomates et de personnels de sécurité présents.

Rien ne permet aujourd’hui de savoir quelle sera la situation le 28 octobre. Les attaques se poursuivent et leur intensité peut évoluer rapidement.

Un contexte différent des précédents sommets

Les deux premiers sommets Russie-Afrique s’étaient tenus à Sotchi en 2019 puis à Saint-Pétersbourg en 2023. Moscou avait déjà été visée par des drones en 2023, notamment autour du Kremlin et du centre-ville.

Mais le contexte de 2026 est différent. Les attaques contre la Russie ont gagné en fréquence et en ampleur, tandis que Moscou connaît désormais des restrictions aériennes répétées et des frappes touchant aussi des infrastructures civiles et énergétiques.

Le choix de la capitale russe place donc le prochain sommet dans un environnement sécuritaire particulièrement dégradé.

La Russie peut naturellement renforcer la protection autour du sommet. Mais aucun dispositif ne peut supprimer complètement le risque posé par des attaques qui touchent désormais régulièrement la région de Moscou.

Dans cinq semaines, plusieurs dizaines de délégations africaines doivent donc se retrouver à Moscou alors que des drones peuvent encore atteindre la capitale russe. C’est le pari sécuritaire du prochain sommet Russie-Afrique.

Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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