Affaire de blanchiment de capitaux : Apoutchou National et Lionel PCS condamnés respectivement à 3 ans et à 5 ans de prison ferme
Le tribunal a rendu son verdict dans l’affaire de blanchiment de capitaux impliquant l’influenceur ivoirien Apoutchou National et son coaccusé Akobé Leonel, plus connu sous le nom de Lionel PCS. Ce mardi 2 juin 2026, les deux hommes ont été condamnés respectivement à trois ans et à 5 ans de prison ferme ainsi qu’au paiement d’une amende de 264 millions de FCFA chacun.
Cette décision intervient plusieurs mois après l’ouverture de la procédure judiciaire qui avait suscité une vive attention de l’opinion publique en raison de la notoriété de l’influenceur.
Pour rappel, le 12 novembre 2024, Stéphane Agbré, alias Apoutchou National, avait été interpellé aux côtés de ses présumés complices à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo le montrant avec d’importantes liasses de billets de banque. Cette séquence devenue virale avait rapidement attiré l’attention des autorités judiciaires et financières.
Le parquet du Pôle pénal économique et financier avait alors ouvert une enquête sur le fondement de la loi n°2023-875 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les investigations menées visaient à déterminer l’origine des fonds exhibés dans la vidéo ainsi que les éventuelles infractions financières commises.
Lors des audiences, le ministère public avait adopté une position particulièrement ferme. Le 24 mars 2026, le procureur de la République avait requis une peine de sept ans d’emprisonnement ferme et une amende de 240 millions de FCFA contre les prévenus, estimant les faits suffisamment graves pour justifier une sanction exemplaire.
La défense avait, quant à elle, plaidé en faveur de circonstances atténuantes et contesté certains éléments avancés par l’accusation.
Après plusieurs mois de procédure et de délibérations, le tribunal a finalement prononcé une peine de prison ferme à l’encontre d’Apoutchou National et de Lionel PCS. Les deux condamnés devront également s’acquitter chacun d’une amende de 264 millions de FCFA.
Ce verdict marque l’épilogue judiciaire d’une affaire qui a largement alimenté les débats sur les réseaux sociaux et relance les discussions sur la lutte contre le blanchiment de capitaux en Côte d’Ivoire, notamment dans l’univers de l’influence numérique où les démonstrations ostentatoires de richesse suscitent régulièrement des interrogations sur l’origine des fonds.
Cette décision illustre également la volonté des autorités ivoiriennes de renforcer l’application des textes relatifs à la criminalité financière et de sanctionner les infractions économiques, quel que soit le statut ou la notoriété des personnes concernées.
Pour rappel, la Côte d’Ivoire figure sur la liste grise du GAFI (Groupe d’action financière) depuis octobre 2024, date à laquelle elle a été placée sous surveillance renforcée. Elle y est toujours inscrite, car le pays présente des défaillances stratégiques dans son système de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT)
Récemment, une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montrant plusieurs véhicules haut de gamme présentée comme appartenant au leader religieux Pasteur Zahui, réalisée et relayée par Apoutchou National, a circulé massivement avant d’attirer l’attention des autorités. Cette publication a valu aux deux hommes d’être convoqués par les services spécialisés de la police économique.
Arnaud Brou





