Cinéma : Dr WLIKA ou la Symphonie des deux mondes
Diffusion : dès le 13 novembre à 20h30 sur Canal +. Dans la chaleur frémissante d’Abidjan, la Clinique de Babi devient le théâtre d’une rencontre entre deux univers — celui de la médecine moderne et celui, plus ancestral, de la guérison par les traditions. Au centre de cette fresque humaine, Prisca Marceleney, dans le rôle du Dr Wlika, et Bomou Bassa, dans celui du guérisseur Bollou, incarnent la tension poétique entre science et mystère, raison et croyance.
La Clinique de Babi, à Abidjan, appartient à une catégorie rare d’endroits où l’esprit moderne, avec sa rigueur et ses certitudes, se heurte au murmure persistant de la tradition, à ces voix anciennes qui, depuis toujours, veillent sur la souffrance humaine. C’est là que commence l’histoire de Dr Wlika, incarnée par Prisca Marceleney, une femme à la fois savante et mystique, héritière de deux héritages que tout semble opposer et qu’elle entreprend pourtant de réconcilier.
Wlika — dont le nom, dans la langue Wè, signifie trésor — porte en elle ce double regard : celui de la médecine rationnelle, qui analyse, mesure et classe, et celui de la médecine des anciens, qui écoute, ressent et prie. Son arrivée à la Clinique de Babi, temple de la science moderne, n’est pas un simple événement professionnel : elle est une onde, presque imperceptible d’abord, qui peu à peu ébranle les certitudes, éveille les jalousies, et révèle les âmes.
À ses côtés, le Dr Bahi, homme de raison, séducteur et chef ambitieux, voit en elle moins une collègue qu’une menace — car sa lumière douce et tenace met à nu les zones d’ombre qu’il croyait dissimuler.
Et plus loin, dans un autre espace du même monde, existe Bollou, interprété par Bomou Bassa, un tradipraticien au regard profond, vieil arbre enraciné dans la terre de ses ancêtres. Polygame, père de cinq enfants, il est habité par la conviction que la nature parle encore, pour peu qu’on sache l’écouter. Lorsque ses pas le mènent à la Clinique de Babi, son univers s’entrechoque avec celui de Wlika, mais de cette rencontre naît moins un conflit qu’une fascination réciproque : elle, éblouie par la profondeur de ses savoirs ; lui, troublé par la grâce d’une femme qui ose lier le scalpel à la prière.
Dans ce sanctuaire de passions et de blessures, gravitent d’autres figures — Kodja, le directeur rongé par les dettes et les remords, Brigitte, interne amoureuse jusqu’à la déraison, Solange, infirmière jalouse, et Marie Guié, gardienne d’un secret trop lourd pour son sourire. Tous, dans leurs gestes et leurs silences, incarnent les contradictions d’un monde en mutation, celui où la modernité et les traditions africaines ne cessent de s’observer, de se défier, mais aussi, parfois, de s’aimer.
Et c’est là tout le dessein de Prisca Marceleney, créatrice, productrice, scénariste et interprète de la série : faire dialoguer ces deux humanités que l’histoire, souvent, a voulu séparer. Avec le producteur Alex Ogou, elle compose une œuvre où la science devient poésie, où le mystique se fait raison, et où la guérison, loin d’être seulement médicale, prend des allures d’acte d’amour et de foi.
Ainsi, Dr WLIKA, bien plus qu’une série, apparaît comme une méditation sur l’identité, la transmission et la coexistence. Dans le regard de Wlika et celui de Bollou, dans le choc de leurs croyances et la douceur de leur respect, se devine peut-être ce que la Côte d’Ivoire, et au-delà elle-même l’Afrique, offre de plus précieux au monde : cette capacité rare à faire cohabiter le visible et l’invisible dans un même battement de cœur.
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