Côte d’Ivoire : accusé de blanchiment d’argent et en cavale, Yacouba Koné sort de son silence. Intégralité des propos du DG de Sautoc
L’affaire Sautoc concerne une entreprise ivoirienne de transport et de vente de véhicules à crédit, la Société Automobile de Crédit (Sautoc), dirigée par Yacouba Koné, qui proposait à des particuliers d’investir dans des véhicules (taxis/VTC) avec la promesse de revenus mensuels et, à terme, la propriété du véhicule. Ce modèle a attiré des milliers de souscripteurs en Côte d’Ivoire et dans la diaspora, pour des montants estimés entre 10 et 20 milliards FCFA. À partir de 2023, les autorités ivoiriennes ont suspendu les souscriptions et placé l’entreprise sous surveillance, estimant que l’activité s’apparentait à un appel public à l’épargne non autorisé, avec des risques financiers majeurs. Les difficultés de remboursement se sont multipliées, les collectifs de souscripteurs affirmant que seule une partie des fonds avait été restituée. En octobre 2024, l’affaire a pris une dimension judiciaire avec l’arrestation de plusieurs employés de Sautoc et des accusations graves de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, ainsi que la saisie de véhicules, y compris certains déjà payés par des clients. La direction de Sautoc conteste ces accusations, parle de blocages administratifs et judiciaires ayant paralysé l’entreprise, et affirme avoir permis à de nombreux Ivoiriens d’accéder à un emploi ou à la propriété d’un véhicule. À ce jour, l’affaire reste non totalement élucidée : les enquêtes se poursuivent, les souscripteurs réclament toujours le remboursement de leurs investissements,
Après un long moment de Silence, Yacouba Koné, en cavale depuis l’éclatement de l’affaire, prend enfin la parole au micro de Actupeople ce lundi 9 février 2026. Mediazine.ci vous retranscrit fidèlement les propos du Directeur Général de Sautoc.
“Dans le cas de SAUTOC, on peut justifier qu’il y a pas appel public à l’épagne. On peut justifier parce que réellement on a deux types de contrats qui permettaient dont l’un permettait de dire au client qu’il acheté un véhicule et que c’est ce véhicule là qui allait lui générer des rentes. Donc réellement, on n’a pas dit au souscripteur achète un véhicule et verse de l’argent contre rémunération. On lui dit achète un véhicule. Lorsque le véhicule est disponible, qu’il rentre en circulation et pendant qu’il est exploité, ça génère des rentes sur lesquelles vous gagnez et nous aussi on gagne. Donc si nous voulons partir de ce principe- là on peut valablement dire que nous ne faisions pas de la publique à l’épagne. Mais dans le contexte où vous êtes 12 entreprises et que quand on regarde quand on regarde le modèle de l’ensemble des 12 entreprises, on peut valablement l’état peut valablement faire une communication dans laquelle vous êtes impliqué. Donc justement, c’est justement pour ça que je dis sur les réseaux réellement tout le monde en parle peut-être sans forcément comprendre mais voici la position de ce sur la question.
Maintenant, si appel public il y en a ou il y en a eu, nous pensons également que dans ce secteur d’activité, il y a pas il y a pas vraiment un cadre réglementaire qui est qui a été préétabli. Donc, c’est un secteur d’activité où dans l’informel les gens ils font ça déjà. Ils achètent un véhicule, ils exploitent ou bien ils se mettent ensemble, il exploitent. On a juste voulu le rendre beaucoup plus moderne.
À quel moment les gens ont commencé réellement à amener des vagues de de protestation ? C’est lorsque l’État lui-même décide à un moment donné de qualifier Sot dans plusieurs chefs d’accusation. Parce que ça, il faut le rappeler, SAUTOC n’a pas eu de crise en amont qui disait que Sotk ne fonctionnait pas. C’est lorsque l’État fait une communication publique dans dans laquelle communication elle taxe STO et l’ensemble des sociétés de d’être suspecté de faire du blanchiment. Mais peu importe qui vous êtes, si vous avez investi dans une entreprise et qui du jour au lendemain les pouvoirs publics indexent c société là de d’être de suspecte cette société là de faire du de la paix publique à l’épargne ou bon de de faire du blanchiment disons.
Nous avons livré plus de 800 véhicules. Donc 800 véhicules, vous imaginez dans dans une flotte globale de taxi en à Abidjan 800 véhicules, c’est énorme. Donc ça veut dire 800 personnes qui ont été satisfaites. Donc ces véhicules là ont été saisis par l’État aujourd’hui parce que faut dire que ces véhicules là on les on a réussi à les mettre en place parce que nous avons bénéficié d’un financement bancaire. Il y a une banque qui nous a accompagné sur le processus. Donc on a réussi à livrer ses clients. Donc ça c’est un fait. Et il y a eu des clients qu’on n’a pas pu livrer parce que justement en cours de chemin, lorsque l’État fait sa communication, tous ces clients-là reviennent vers nous pour résilier leur contrat. Donc il faut naturellement restituer leur fond. Mais soy soyons réaliste. Si vous votes une entreprise qui est en train de fonctionner ou bien qui fonctionne pendant plusieurs années, elle ne elle ne fait pas sa comptabilité du jour au lendemain ou encore quand les les sousculpteurs font un versement pour passer une commande, elle n’attend pas que le jour où le client va se désintéresser.
L’argent est là pour attendre, les fonds sont engagés pour passer des commandes ou encore stocké à la banque. Donc on a fait un DAT. Mais faut dire que la banque nous a financé pour un remboursement qui devait se faire sur 5 ans ou sur plusieurs sur plusieurs périodes. Donc lorsque l’État fait une communication, automatiquement il y a pas que les clients qui sont impactés, il y a aussi les partenaires qui sont impactés. Donc vous êtes une banque, vous avez prêté de l’argent une entreprise qui aujourd’hui est taxée par l’État de faire du blanchement. Je veux dire la première réaction que vous avez, c’est comment sécuriser les prêts que vous leur avez fait. Donc la banque nous réclame automatiquement euh le prêt qui a été fait. Donc faut dire les DAT que nous avons été que nous avons fait au niveau de la banque ont été récupérés directement et ça ces documents-l sont là, on pourra les présenter au au moment venu. Donc la banque a récupéré son financement. Donc à partir du moment où la banque récupère le financement dans les DAT que nous avons pris, naturellement ça nous affaiblit. On parle pas moins de 500 millions.
Lorsqu’on vous accuse et qu’on vous donne la possibilité de de dire votre version, ça allège plus ou moins le poids de ce que vous portez parce que c’est difficile d’écouter tout le monde parler et de se rendre compte que réellement tout le monde va dans le sens contraire ou bien réellement les gens ne comprennent pas le fond du problème et qu’il se permettent ils se mettent à argumenter des choses que vous aimerez bien clarifier. Si on veut relater les faits, l’État nous convoque, on va au niveau de la police économique, on nous pose des questions et même nous on cherche à comprendre pourquoi est-ce qu’on nous pose des questions jusqu’à ce point. Donc on suppose que l’État menait des enquêtes mais au point où 12 entreprises impliquées dans un secteur d’activité, l’État l’État n’a pas réussi dans même dans l’intérêt des emplois, dans l’intérêt des investissements, l’État n’a pas réussi à réunir ses entreprises, à essayer de comprendre leur modèle et voir soit comment les réadapter ou encore comment les corriger.
D’autant plus que il y avait pas un cadre réglementaire clair pour ce type d’activité. Je pense que l’État aurait pu rencontrer ses chefs d’entreprise d’autant plus que c’est on parle d’une douzaine d’entreprises les réunir essayer de comprendre leur modèle avant d’aller communiquer faire une telle communication publique parce que son réaliste qui que vous êtes si quand une autorité publique qui est censée incarner la conformité vous taxe publiquement ou vous suspecte parce que l’État nous dira ça plus tard dans les explications qu’on a individuellement avec certains cas de du trésor public, ils nous diront “On vous a pas accusé, on vous a suspecté maisons réaliste à la télévision quand on dit suspecter des blanchiments, combien de personnes entendent suspecter ou combien de personnes définit suspecté ?”
C’est le mot blanchiment qui tout de suite est mise en avant. Donc nous même nous on se pose la question pourquoi est-ce que l’État ou encore les les l’organe qui était en charge de de cette enquête-là ne pouvait pas nous réunir. Donc après nous on s’est mis en collectif et on a écrit pour demander à à ce qu’on nous reçoive et à ce qu’on écoute nos revendications. Quoi qu’on dise, on ne peut pas être traité automatiquement en criminel sans avoir sans au moins bénéficier de la présemption d’innocence.
On a reçu tous les clients, plus de 500 600 clients. On a échangé avec ces clients. Les PV sont là, on pourra les les consulter à tout moment. On a échangé avec les clients, on leur a posé les problèmes de façon normale pour leur permettre naturellement de de comprendre le fond du problème. Je pense qu’ils ont compris euh ensemble avec les clients, on a mis en place sur la sur proposition de Sclectif et ce collectif là a permis de créer le cadre d’échange. Nous avons échangé avec les clients, nous avons mis en place d’abord un premier programme de paiement de 30 % que nous avons commencé à faire. Donc la plupart des parce que l’État nous demande de rembourser tous les clients. Mais pour être réaliste, si on a on a perdu nos financements, que la banque nous a retiré nos financements, ça devient difficile.
Et la plupart des taxis que nous avons livré aux clients étant donné que les clients ont payé une moitié et que nous avons payé une moitié, on est aussi copropriétaire. Donc la ce que ces véhicules là gênaient nous permettait également de mettre en place un plan de remboursement. Donc on a mis en place un premier plan de remboursement de 30 %. Mais on s’est rendu compte à un moment donné que les clients qui prenaient les 30 % se mettaient dans une logique de je prends 30 % et je reviens. Du coup, ça nous a empêché de de respecter le calendrier parce que qu’est-ce qu’on a qu’est-ce qu’on a rencontré comme problème ? On a mis en place un programme de 30 %, on a commencé à payer. Des clients ont commencé à encaisser les 30 %. Et ce qui se passe, c’est que un quand au bout d’une dizaine, une vingtaine de clients qui ont reçu le 30 %, ils ont créé un deuxème collectif ces gens là. pour revenir encore revendiquer encore plus alors qu’on n’a pas encore réussi et revendiquer comment violemment.
Je suis pas en cavale mais en retrait. Parce que il faut le dire, j’ai confiance à la justice ivoirienne. Mais un procès qui est joué d’avance joué d’avance ne garantit pas votre sécurité ou encore vous ne vous n’avez pas le sentiment d’être en sécurité. Pourquoi je le dis ? Parce que moi j’ai effectué un voyage, pour des questions familiales et pendant mon voyage j’ai appris que j’ai reçu une convocation au niveau de la police économique que naturellement j’allais répondre.
Donc qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai envoyé mon avocat pour justifier de mon absence et obtenir un report. Donc déjà mon avocat s’est rendu au tribribunal. Je pense qu’elle a eu eu une grosse altercation téléphonique avec le procureur qui naturellement ne croyait pas que j’étais en voyage alors que j’étais bien en voyage. Donc les jours qui ont suivi, c’est tout mon personnel qui a été embarqué par la police judiciaire à la PJ . Et la lorsqu’on fait le point de l’ensemble des questions qui ont été posées, la seule la ce qu’on retient c’est où est Yakuba Koné.
À partir du moment où vous voyez une telle scène, vous comprenez que l’intention est claire. On n’a pas l’intention de vous écouter parce que si on a l’intention de vous écouter, on vous laisse rentrer, on vous reçoit, on vous écoute.
Le trésor qui a qui a introduit ce dossier là où le trésor lui qui a introduit ce dossier-là nous a accusé de faire de l’appel publique à l’épagne jusqu’à ce que après on soit poursuivi pour blanchiment et financement de terrorisme. Donc nous pensons qu’il y a une requalification des chefs d’accusation pour qu’on sache réellement dans quel cadre nous sommes. Donc le procureur nous poursuit pour blanchiment et le trésor public nous accuse pour appel public à l’épagne. Donc cette cette incompréhension de l’accusation réelle crise creuse un fossé qu’on ne comprend pas. Donc voilà.
Donc aujourd’hui si nous on doit se défendre face à l’état, nous ce qu’on dira c’est que nous sommes des jeunes entrepreneurs. Nous avons saisi une opportunité et naturellement on a peut-être commis des erreurs ou encore on a failli à à mettre en place un cadre réglementaire. Mais le fait de nous avoir interpellé dessus était très bien. Mais ce qui n’a pas été suffisant, c’est le fait de nous avoir laissé en chemin pour le compte des des suscripturs. Parce qu’à un moment donné, l’État qui introduit ce dossier ne parle plus.
Même les souscripteurs aujourd’hui n’ont pas vraiment véritablement d’interlocuteurs auprès de ceux qui ont inscrit [musique] le dossier. Donc les se retrouvent aujourd’hui sans sans porte à ouvrir et la société aussi se retrouve sans porte à ouvrir. Donc nous pensons que l’État peut jouer l’intermédiaire.”
Retranscris par Rosine Kouamé, pour Médiazine.ci





