Israël ǀ Attaque du 7 octobre : Les zones d’ombre autour de Benyamin Netanyahu
Trois ans après le drame qui a fait basculer la région dans le chaos, les zones d’ombre persistent autour des attaques du 7 octobre 2023. Comment Israël, puissance militaire régionale, a-t-il pu se laisser surprendre ? RFI lève le voile sur un immense naufrage sécuritaire et politique, marqué par des avertissements en cascade qui auraient été ignorés au sommet de l’État.
Selon les révélations de RFI, basées sur des enquêtes menées notamment par le quotidien israélien Haaretz et le New York Times, les services de renseignement et plusieurs dirigeants régionaux avaient pourtant prévenu le Premier ministre israélien. Dix jours avant l’attaque, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, l’avait personnellement averti des plans du Hamas, craignant une déstabilisation régionale. Des avertissements similaires avaient été formulés par l’Égypte via son chef du renseignement, Abbas Kamel, et par d’anciens médiateurs comme Sufian Abu Zaida.
Sur le terrain, la colère est immense. Des soldates guetteuses postées près de la bande de Gaza, surnommé « Les yeux d’Israël », avaient détaillé des semaines à l’avance les entraînements précis du Hamas pour percer la frontière. En vain : leur hiérarchie n’a pas cru ces alertes. Même l’unité de renseignement 8 200 avait rédigé un rapport dès le 19 septembre 2023 détaillant le projet d’offensive baptisé « Mur de Jéricho ».
Face aux critiques, Benyamin Netanyahu rejette la faute sur l’armée et les services de renseignement. Dans une interview relayée par RFI, il affirme : « Pourquoi ne m’ont-ils pas réveillé ? » À l’inverse, l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, l’accuse d’avoir été prévenu et de chercher aujourd’hui à détourner les soupçons. Alors qu’une large partie de la population israélienne et des familles de victimes réclament toute la vérité, les manœuvres politiques continuent de bloquer l’affaire. Un projet de loi adopté en juillet 2026 pour faire la lumière sur ces « défaillances de grande envergure » est vivement contesté par l’opposition et le « Comité octobre », qui dénoncent une tentative de dissimulation et exigent une commission véritablement indépendante, loin des calculs du pouvoir.
Séraphin Kouamé





