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Lutte antiterroriste : la Côte d’Ivoire tend la main au Mali et au Burkina Faso

Alors que le Mali subit depuis septembre 2025 un blocus jihadiste qui a coûté la vie à son ministre de la Défense le 25 avril 2026, et que le Burkina Faso reste le pays le plus touché au monde par le terrorisme, les juntes de Bamako et Ouagadougou se retrouvent en position de faiblesse face au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une fragilité qui replace la Côte d’Ivoire, épargnée depuis 2021, au centre des recompositions sécuritaires régionales.

Situation sécuritaire : le Mali et le Burkina Faso en difficulté

La situation sécuritaire ne cesse de se dégrader tant au Mali qu’au Burkina Faso, où les juntes d’Assimi Goïta et d’Ibrahim Traoré peinent de plus en plus à masquer l’échec de leurs promesses sécuritaires face au JNIM. Au Mali, ce groupe impose depuis septembre 2025 un blocus sur les principaux axes routiers reliant Bamako aux ports d’approvisionnement de Dakar, Abidjan et Conakry, plongeant la capitale dans des pénuries de carburant récurrentes, une asphyxie économique que le pouvoir militaire n’est jamais parvenu à briser, et qui a basculé en offensive frontale le 25 avril 2026 : le ministre de la Défense malien, Sadio Camara, a été tué dans une attaque, tandis que les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad, alliés au JNIM, prenaient le contrôle de Kidal. Pour le Centre d’études stratégiques de l’Afrique, ces attaques révèlent un fossé grandissant entre le discours de stabilisation tenu par les juntes sahéliennes et la réalité du terrain[1], un fossé que la répression des forces de sécurité elles-mêmes contribue à creuser.

Un appui russe à l’efficacité contestée

En effet, depuis 2023 au Mali comme au Burkina Faso, les civils tués par les forces de sécurité et leurs milices alliées sont nombreux. Le bilan n’est pas meilleur à Ouagadougou, où la junte d’Ibrahim Traoré, arrivée au pouvoir en 2022 sur la promesse d’éradiquer le terrorisme, dirige aujourd’hui le pays le plus frappé au monde par ce fléau : selon le Global Terrorism Index, le Burkina Faso concentrait en 2024 un quart des attaques recensées dans le monde et neuf des vingt attentats les plus meurtriers de l’année. Ni Bamako ni Ouagadougou n’ont trouvé dans leurs alliances actuelles de quoi inverser la tendance. Après l’échec du groupe Wagner, le Mali s’appuie désormais sur Africa Corps, un dispositif russe qui a déjà coûté près d’un milliard de dollars à la junte malienne, pour des résultats limités.

La Côte d’Ivoire, seule à tenir la ligne

Pendant ce temps, Abidjan absorbe les conséquences humaines de cette déroute régionale : la Côte d’Ivoire accueille déjà des milliers de réfugiés burkinabés et maliens fuyant les violences. Le pays n’a plus connu d’attaque jihadiste meurtrière depuis 2021[2], un résultat qu’Abidjan attribue à un dispositif de 3 000 hommes déployés dans la zone nord[3]. C’est dans ce contexte que le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, en marge du salon Eurosatory, déclarait que la Côte d’Ivoire était « sincèrement prête » à reprendre la coopération sécuritaire avec les deux pays, insistant sur la nécessité d’une lutte régionale contre le terrorisme.

Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

[1]Centre d’études stratégiques de l’Afrique, « Les attaques au Mali s’inscrivent dans une trajectoire prolongée de dégradation sécuritaire », 5 mai 2026

[2]Seneweb (AFP), « La Côte d’Ivoire est prête à reprendre une coopération sécuritaire avec ses voisins sahéliens », 17 juin 2026

[3]Koaci, « Côte d’Ivoire : Abidjan n’exclurait pas une reprise de la coopération sécuritaire avec les Etats de l’AES, selon Téné Birahima », 17 juin 2026

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