Meurtri, Alban M’lan, entrepreneur ivoirien, appelle à une nouvelle génération de députés en Côte d’Ivoire
Quelques jours après l’annonce officielle de la Commission Electorale Indépendante sur l’ouverture des candidatures pour les élections législatives du 27 décembre 2025, Alban M’lan, entrepreneur ivoirien et créateur de contenus, a livré un témoignage fort sur son parcours d’entrepreneur et sa vision pour l’avenir économique du pays. Un propos qui sonne comme un appel à une refondation du rôle du Parlement ivoirien.
Alban M’lan revient sur son aventure entrepreneuriale avec fierté, mais aussi avec amertume. « J’ai été le premier Ivoirien à lancer une application VTC 100 % locale, pensée pour concurrencer les plateformes étrangères avec une innovation simple mais révolutionnaire : la négociation du prix de la course entre le client et le conducteur », raconte-t-il. Mais son ambition de créer une alternative nationale, inclusive et équitable dans un secteur dominé par des acteurs internationaux ne verra pas le jour.
Une innovation “sociale” stoppée net par la réglementation
Le modèle économique de l’application se voulait socialement responsable. « Seuls 100 FCFA par course étaient reversés à la plateforme, quel que soit le montant de la course, là où nos concurrents prélevaient 18 %. Et notre algorithme respectait le barème du ministère des Transports, sans tarification aléatoire », explique Alban. L’idée était de redonner du pouvoir d’achat aux conducteurs et de rendre les courses plus accessibles pour les usagers abidjanais.
Lors du lancement, le projet avait pourtant suscité un large écho médiatique et une adhésion importante. Tous les syndicats de taxis d’Abidjan s’étaient unis pour soutenir cette initiative locale. « Une chose qui me rend très fier », confie-t-il.
Mais la dynamique fut brutalement freinée par une nouvelle exigence réglementaire imposant une licence d’exploitation de 30 millions de FCFA. « Cette mesure a tué dans l’œuf une initiative locale prometteuse, pendant que les multinationales, pour qui 30 millions, c’est “pour payer aloco”, continuaient tranquillement leurs activités », déplore-t-il.
“Un Parlement fort peut changer le destin économique d’un pays”
Pour Alban, cette expérience a laissé une leçon politique majeure : l’importance d’un cadre législatif protecteur et visionnaire. « Un Parlement fort, visionnaire et patriote peut changer le destin économique d’un pays », affirme-t-il.
Selon le créateur de contenus, il est urgent de promouvoir une nouvelle génération de députés jeunes, conscients et engagés. « Des élus amoureux de la Côte d’Ivoire, porteurs d’une vraie conscience nationale, pourraient impulser des politiques économiques qui soutiennent les startups locales et les entrepreneurs, pour en faire des champions nationaux », plaide-t-il.
Alban invite à tourner la page « du folklore des tontons députés silencieux, absents ou suiveurs » et à ouvrir celle « d’une génération d’élus audacieux, exigeants et profondément engagés pour la souveraineté économique de la Côte d’Ivoire ».
Landry Konan





