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Présidence de la Fédération Ivoirienne de Football 2026 : Si Souleymane Cissé inquiète, c’est peut-être parce qu’il peut gagner (analyse)

À l’approche de l’élection à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football, le jeu des candidatures révèle déjà tensions, stratégies et nervosité. Entre repositionnements politiques et attaques voilées, une évidence s’impose : certaines candidatures dérangent plus que d’autres.

Les élections à la présidence de la FIF approchent. Le président sortant, Idriss Diallo, a déjà officialisé sa candidature. Fort du sacre continental remporté par la Côte d’Ivoire, il entend capitaliser sur ce succès. Initialement prévues en avril 2026, les élections ont été repoussées à septembre 2026. Un report stratégique qui lui laisse le temps de consolider son bilan et, surtout, d’aborder la prochaine Coupe du monde avec l’espoir d’un nouveau souffle.

À ses côtés, Malick Tohé affiche ses ambitions. Il estime que son heure est venue et envisage de se porter candidat. Il revendique un rôle déterminant dans l’ascension d’Idriss Diallo au sommet de la fédération, notamment à travers le GX. Toutefois, sa candidature reste informelle à ce stade, même si ses soutiens multiplient les messages sur les réseaux sociaux pour le présenter comme l’homme de la situation.

Mais la candidature qui semble véritablement bousculer le paysage est celle de Souleymane Cissé, déclarée le 12 février. À peine annoncée, elle suscite une levée de boucliers. On l’attaque sur son projet, sur ses relations avec l’Europe, sur un supposé agenda caché visant à faire main basse sur le football ivoirien.

Pour certains, l’alerte est grave : complot international.

Selon cette narration alarmiste, le football ivoirien serait devenu la cible d’un « duo mystérieux », revenu d’Europe avec un plan soigneusement élaboré dans les couloirs de OGC Nice et de Parma Calcio 1913.

Rien que cela.

Critiquer l’organisation d’un championnat de jeunes deviendrait un acte de trahison. Poser un diagnostic équivaudrait à préparer un putsch. Se porter candidat relèverait presque de l’ingérence étrangère. À suivre cette logique, un dirigeant ivoirien ne devrait jamais travailler à l’étranger. Et s’il revient avec de l’expérience, celle-ci deviendrait suspecte.

Curieux raisonnement.

Pourtant, le parcours de Souleymane Cissé plaide en sa faveur. Ancien joueur international aux côtés de figures comme Bonaventure Kalou et Serge Dié, il connaît le terrain. Il a étudié l’économie et l’industrialisation du sport, puis occupé des fonctions de direction technique et sportive dans des clubs européens reconnus. De retour en Côte d’Ivoire, il a repris le Racing Club d’Abidjan, qu’il a conduit au sommet, remportant championnat et coupe.

Un tel profil mérite un débat de fond, pas un procès d’intention.

Pourquoi alors cette focalisation sur Cissé, et non sur d’autres prétendants ? Peut-être parce qu’il représente une menace crédible. Peut-être parce qu’il conjugue expérience internationale, connaissance du terrain local et vision structurée. Contrairement à d’autres figures à qui l’on a reproché une certaine distance avec la réalité quotidienne du football ivoirien, Cissé évolue dans cet univers depuis plus de vingt ans.

Dans toute démocratie sportive, la candidature est un droit. Elle ne devrait jamais devenir un crime.

Si Cissé inquiète, c’est peut-être tout simplement parce qu’il peut gagner. Et en septembre 2026, ce ne seront ni les rumeurs ni les fantasmes qui voteront, mais les acteurs du football ivoirien, appelés à choisir sur la base des projets, des compétences et de la crédibilité.

Observateur SPORTIF

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