Terrorisme : l’AILCT fait de Bouaké un laboratoire stratégique régional
L’Institut de Recherche Stratégique (IRS) de l’Académie Internationale de Lutte contre le Terrorisme (AILCT) a organisé, le 17 juin 2026 à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, un atelier de restitution de trois études stratégiques sur les dynamiques terroristes en Afrique de l’Ouest. Une démarche qui confirme l’ambition d’Abidjan de s’ériger en pôle régional de recherche sur la sécurité.
Trois études pour décrypter la menace jihadiste
L’atelier a réuni enseignants-chercheurs et étudiants de l’université ivoirienne autour de trois travaux complémentaires. Le directeur régional du Timbuktu Institute, Bakary Sambe, a présenté une étude sur l’embrigadement des jeunes dans les zones sous influence jihadiste, fruit d’enquêtes de terrain menées à Ménaka, au Mali, et à Diffa, au Niger.
Le chercheur béninois Régis Hounkpè, directeur exécutif du cabinet InterGlobe Conseils, est intervenu sur la prise en charge des victimes du terrorisme et l’insertion des déplacés. L’expert sénégalais Barka Bâ, du cabinet Sen Stratégies Consulting, a lui restitué un travail sur les politiques de déradicalisation en Afrique : succès, échecs et perspectives.
Abidjan, hub émergent de la recherche stratégique
« L’IRS ne se contente pas de produire du savoir à Abidjan, il le diffuse et l’enrichit avec les acteurs de terrain et les futures élites », a souligné Bakary Sambe. Pour lui, l’AILCT, installée à Jacqueville depuis 2021, dispose d’un positionnement régional inédit pour outiller les États de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest et de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) en analyses de haut niveau.
Dans un contexte où le terrorisme se diffuse du Sahel vers les pays côtiers du golfe de Guinée, ces travaux entendent nourrir la coopération sécuritaire régionale, par le partage de renseignement, la prévention transfrontalière et la résilience communautaire. La Côte d’Ivoire, déjà visée par plusieurs attaques jihadistes sur sa frontière nord, mise ainsi sur le couplage recherche-action.
Mais une production scientifique, aussi rigoureuse soit-elle, suffira-t-elle à combler le fossé entre les capitales et les territoires en première ligne ?
Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info





