Trois pays africains dévoilent des stratégies innovantes pour transformer l’éducation face aux crises mondiales
Les responsables de l’éducation du Sénégal, du Mali et de Djibouti ont appelé, vendredi 5 décembre 2025 à Istanbul (Turquie), à une transformation en profondeur de leurs systèmes scolaires pour mieux répondre aux crises sociales, économiques et environnementales affectant leurs pays et le monde à l’occasion du 5ᵉ Sommet de l’Éducation, organisé par la Fondation Maarif de Türkiye, avec l’Agence Anadolu (AA) comme partenaire mondial de communication.
Réunis autour du thème « Comment guérir le monde avec l’éducation », les trois pays africains ont mis en avant le rôle central de l’école comme moteur de cohésion sociale, de résilience et de justice.
Au Sénégal, la secrétaire générale du ministère de l’Éducation nationale, Khady Diop Mbodj, a annoncé que les langues nationales seront officiellement intégrées dans le système éducatif d’ici 2029, tandis que le français, langue d’enseignement dominante, deviendra secondaire. Elle a précisé que le pays, qui compte environ quatre millions d’apprenants, s’attache également à intégrer les enfants scolarisés en dehors du système formel. Mme Mbodj a souligné l’importance de renforcer la qualité, l’équité et la gouvernance de l’école, ainsi que l’« humanisation » de l’enseignement pour former des élèves capables d’ancrer leurs savoirs dans l’éthique.
Pour Djibouti, le ministre de l’Éducation, Moustapha Mohamed Mahamoud, a rappelé les défis majeurs de son pays, notamment la pauvreté, les inégalités de genre et l’accès limité à l’emploi. Il a insisté sur le rôle de l’école comme vecteur de justice sociale, affirmant qu’une fille qui poursuit sa scolarité contribue à réduire les mariages précoces. Il a également mis en avant la nécessité d’une coopération internationale équitable et a qualifié les enseignants d’« acteurs clés de la guérison », appelant à renforcer leur formation et à moderniser les approches pédagogiques.
Le secrétaire général du ministère malien de l’Éducation, Boubacar Dembélé, a souligné que l’éducation est un outil majeur pour lutter contre la violence, les discriminations, les défis environnementaux et l’insécurité alimentaire. Il a plaidé pour un renforcement de l’État-nation à travers une école qui dépasse l’enseignement théorique, favorise le changement de comportements, la diversité et les valeurs civiques, et a appelé à renouveler la relation entre l’État et les enseignants tout en renforçant la sensibilisation aux médias.
Les trois délégations ont convergé sur un point central : la transformation des systèmes éducatifs dépend de la transformation du métier d’enseignant. Elles ont souligné la nécessité d’adapter les contenus, de moderniser les pratiques, de renforcer la formation continue et de promouvoir une éducation inclusive. Le Sénégal a également annoncé l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans l’apprentissage, illustrant l’ouverture vers l’innovation pédagogique.
Avec AIP





