Musique tradi-moderne / Pâquinou et maquis ‘‘O’Baoul’’ : Rodrigue 1er, l’étoile montante qui fait vibrer le centre et Abidjan
Kouakou Rodrigue Koffi, connu sous le nom de scène Rodrigue 1er, s’impose comme l’une des révélations de la scène musicale tradi-moderne ivoirienne. Le jeune artiste conquiert, entre sonorités ancestrales et arrangements urbains, le cœur des mélomanes du ‘‘V Baoulé’’ jusqu’aux maquis de la capitale économique.

Dans le centre de la Côte d’Ivoire, son nom tourne désormais en boucle dans toutes les cérémonies et ambiances populaires. Rodrigue 1er fait partie de cette génération de chanteurs qui dépoussièrent le patrimoine musical baoulé tout en gardant l’essence des proverbes et des rythmes traditionnels. Son répertoire, déjà bien fourni, s’enrichit de titres qui collent à la réalité sociale : « Pâquinou N’kô Vié », « Bobonou », « Moyé », « Assena », « Akô wandia N’gbin », « Be bo mi douman », « Blekou » ou encore « Mapouka en Baoulé ».
Avec « Pâquinou N’kô Vié », l’artiste a signé un véritable hymne festif qui rythme le retour au village lors des fêtes de Pâques. Dans « Be bo mi douman », soutenu par des percussions bien appuyées, il interroge les pièges de la notoriété. De son côté, le morceau « Bobonou » dénonce sans détour l’hypocrisie dans les relations humaines, tandis que « Assena » valorise toute la poésie et la profondeur des maximes de la culture baoulé.
Le « V Baoulé » et les maquis d’Abidjan sous le charme
Pendant la période de Pâques, Rodrigue 1er enchaîne les prestations à un rythme effréné. De Bouaké à Yamoussoukro, en passant par Toumodi, Dimbokro et Tiébissou, il sillonne les villages et les communes pour des concerts en plein air, des festivals et des bals populaires. Le reste de l’année, c’est dans la capitale économique que l’artiste pose ses valises. Il anime les week-ends des maquis baoulé d’Abidjan, les célèbres « O’Baoulé », particulièrement implantés à Yopougon, Koumassi et Abobo. Également sollicité lors des funérailles et des grandes cérémonies de dot, il accompagne les veillées artistiques et les hommages aux grandes familles.
À travers ce parcours en pleine ascension, Rodrigue 1er démontre que la musique tradi-moderne baoulé continue de se renouveler et d’attirer un public toujours plus large.
Fidès Symphorien




